La faune sauvage est partout autour de nous, et pourtant nous ne la voyons que très peu. Elle se cache, se superpose au paysage, surgit un instant puis disparaît.
Le plexiglas fige ce moment de rencontre — cet instant fugace qui reste imprimé dans l'œil du promeneur.
Ma pratique repose sur la peinture sur plexiglas. Ce médium permet d'attirer, capter, filtrer et projeter la lumière ambiante selon l'heure, la saison, l'angle du regard. Peindre sur ce matériau, c'est peindre en fonction de la lumière et des transparences.
Mes œuvres ne montrent pas des animaux exposés — elles révèlent des présences que le visiteur doit chercher, approcher, traverser. La superposition des couches peintes sur plusieurs plaques crée une profondeur qui mime celle du monde naturel.
Ma première motivation est ancrée dans mon quotidien : je suis également maraîchère en agriculture biologique et je travaille chaque jour avec la biodiversité et la faune sauvage.
Cliquez ici pour voir les activités de la ferme →Ma formation est issue des arts visuels — infographie et peinture, menée au Puy-en-Velay puis à l'école ARIES à Lyon. J'ai choisi d'ajouter un métier manuel car j'avais besoin d'être connectée au vivant, de travailler en extérieur, d'apprécier les changements de lumières naturelles qui rendent uniques ces instants.
C'est précisément cette sensibilité à la lumière qui m'a orientée vers la peinture sur plexiglas — son rendu résolument moderne, en décalage avec la nature qu'il représente, met en valeur les deux registres par contraste.
Les chevreuils
Deux chevreuils surgissent dans le jardin, figés dans l'instant de la rencontre. Chaque groupe est composé de trois plaques de plexiglas superposées, jouant avec la profondeur et la fragmentation de la silhouette animale.
Selon l'angle du visiteur, les couches s'alignent ou se désalignent. L'animal apparaît complet, puis se fragmente, se dissout dans la transparence avant de se reformer — la fugacité même de l'observation sauvage.
L'idée est de figer la rencontre fugace avec ces animaux craintifs tout en créant un effet de profondeur. Selon l'angle du visiteur, l'animal apparaît ou se fragmente.

Le milan
Une unique plaque de plexiglas s'inscrit à l'intérieur de l'arche du puits. L'oiseau — peint en transparence — prend son envol depuis cet encadrement de pierre, ouvrant la perspective sur les monts du Forez.
L'arche existante devient cadre, le puits devient socle, et la vue lointaine devient fond de tableau. L'oiseau n'est plus simplement représenté — il est en train de partir, emportant avec lui le regard du visiteur vers le paysage.
L'oiseau dans le puits ouvre sur la perspective qu'offre la cour intérieure sur les monts du Forez. Il prend son envol et invite à plonger dans le paysage.

Le renard
Cinq plaques de plexiglas assemblées en zigzag forment une grande installation ondulante de 6,5 mètres de long pour 2,2 mètres de hauteur.
Peu importe votre emplacement son mouvement ne vous permettra pas de le saisir d’un seul regard, selon l’angle il s’étirera ou se regroupera mais ne pourra pas disparaitre completement.
Animal nocturne, les différentes expositions des faces font référence aux différences entre le jour et la nuit. Le côté sinueux de la forme rappelle la discrétion de l'animal, la fluidité de son mouvement.


Les brochets
Une arche de métal soutient un plafond de plexiglas peint représentant deux poissons vus depuis sous la surface. Le visiteur passe sous l'œuvre, renversant son regard vers le haut, adoptant le point de vue de celui qui regarde depuis les profondeurs.
La peinture projetée en ombre au sol prolonge cette idée et invite le spectateur à entrer physiquement dans l'œuvre — un point de vue inédit sur l'animal, dans un environnement inattendu.
L'objectif est de déplacer le regard du visiteur et de l'inviter à observer l'animal sous un angle nouveau. La projection de l'ombre au sol invite le spectateur à entrer dans l'œuvre.
